Du vécu : Je commencerais par une anecdote. Un jour en entendant le bus, j’écoutais deux dames, plutôt bon chic bon genre. Elles étaient derrière moi. Je ne pouvais les voir. À un moment, un monsieur leur demanda une rue. Il leur dit qu’il cherchait une armurerie. Bien gentiment, ces Rennaises lui indiquèrent l’adresse. Curieux, je me suis retourné et oh surprise, le monsieur était, visiblement, d’origine pakistanaise. En pleine période d’attentats, cette scène était étrange et drôle.
Bernard Werber raconte des histoires drôles, l’une d’elles conte :
Dans un frigo, deux œufs entament la conversation, le premier semble très étonné.
-Hé c’est bizarre, tu es tout vert avec plein de poils… tu vas bien ? Tu n’es pas malade ?
L’autre répond :
-C’est parce que je suis un kiwi… Imbécile !
Suivant l’heure de la journée, notre personnalité, notre fatigue intellectuelle… cette blague peut soit faire rire ou soit être considérée comme de l’humour d’enfants, subtile, bête ! Il en faut pour tous les goûts !
Le rire augmente la synthèse des hormones du groupe des endorphines
Pour commencer, analysons les effets physiologiques du rire.
Ils se matérialisent à trois niveaux :
-Au niveau musculaire: le rire a des effets relaxants qui s’apparentent à une gymnastique douce. Une onde musculaire se propage progressivement en partant du sourire au niveau facial (relâchement des muscles masticatoires). Elle passe ensuite les muscles thoraciques, puis les muscles abdominaux (massage des organes internes, relaxation du diaphragme) et enfin les muscles du dos et des cuisses.
-Au niveau respiratoire: le rire produit une séquence proche des respirations du yoga, composée d’une inspiration brève suivie d’une pause puis d’une expiration lente et saccadée. La quantité d’air ventilé augmente, pouvant atteindre les 2 litres, au lieu du demi-litre ventilé en période habituelle.
-Au niveau neuro-hormonal : le rire augmente la synthèse des hormones du groupe des endorphines (deux cents fois plus efficaces que la morphine de synthèse) qui ont une action antidouleur, ils diminuent l’anxiété et régularisent l’humeur. Le rire entraîne en particulier une augmentation de la synthèse de la sérotonine, un neuromédiateur antidépresseur.
Socialement, le rire a une fonction relationnelle au quotidien très importante. Ainsi d’après le chercheur Robert Provine, 85 % de nos rires sont issus de nos relations avec les autres (seuls 15 % proviennent de blagues ou d’un événement drôle). Le rire est sociabilisant. D’ailleurs, une plaisanterie déride l’atmosphère, créer une ambiance conviviale déstresse… On se sent mieux ensemble après une bonne tranche de rigolade !
Jean-Jacques Rousseau «On ne rit pas pour rire, mais pour être applaudi»
De son côté, l’humour requiert une multitude de techniques (comme vous pourrez le lire plus loin) : réflexions, observation, anticipation, aisance verbale ou écrite… De plus, il varie selon les cultures, les pays, les milieux sociaux, chez un homme, une femme… Concrètement, on ira voir un humoriste sur scène ou au cinéma. Alors qu’un rieur pourra, tout au plus, se placer dans une salle de spectacle (car il existe même des rieurs payés pour susciter l’écho !).
L’ego se place dans ces deux espaces comme le mentionne Jean-Jacques Rousseau « On ne rit pas pour rire, mais pour être applaudi. ». Un admirateur de ce philosophe en conclut « On peut mourir de rire, mais ne pas succomber après avoir pratiqué un trop plein d’humour ! ».
Le grand débat entre rire et humour est lancé. Personne n’a la réponse à ces formules. Cependant, une chose est sûre, ils laissent souvent une belle place à l’autodérision : « Depuis que j’ai appris à rire de moi-même, je ne m’ennuie plus jamais » aimait à dire Georges Bernard Shaw.
À retenir : oui, rire et humour sont différents ! On peut rire sans faire de l’humour. Par contre l’humour entraîne le rire. Ou alors, si cela n’est pas le cas, on peut en déduire que l’humour n’est pas de grande qualité ou pas du tout approprié à son récepteur ou au contexte ! Pourtant souvent dans la tête des gens ces deux mots ont le même sens. Pourtant, dans la réalité rire, d’après Lionel Bellenger et son livre : Rire et faire rire, il s’agit plutôt « d’un phénomène psychique et corporel total ».
Pour plus d’informations et pour vivre un moment de rire utile, vous pouvez toujours me faire venir. Je me ferais un plaisir d’animer l’une de mes formations. L’humour au service de l’efficacité ou L’humour pour une relation positive en milieu médico-social
